Ce New Yorkais ayant grandit à Puerto Rico est l’un des meilleurs et nouveaux talents de la salsa. Les personnages qui l’ont particulièrement influencés sont notamment Ismael Rivera, Cheo Feliciano et Gilberto Santa Rosa. Ses débuts musicaux furent très particuliers. En 1986, il était à un concert de Gilberto Santa Rosa lorsqu’il monta soudainement sur scène pour chanter à côté de Santa Rosa. Appréciant ce qu’il avait entendu, Santa Rosa mis Manuelle en contat avec Don Perignon, qui le prit dans son groupe en tant que chanteur, jusqu’à ce qu’il change pour Sony Tropical dans les années 90.
Instinto y deseo - Sony, 2001
“La quantité détermine la qualité”, a dit Karl Marx. Il avait tort, on le sait tous. Tous ? Apparemment, pas Victor Manuelle et/ou sa maison de disques, qui insistent depuis quelques années pour sortir un CD par an afin qu’un artiste “ne se fasse pas oublier”. Moi, je dis qu’un bon artiste ne se fait jamais oublier, et que ça ne peut pas faire de mal que de se faire attendre. Malheureusement, à force de faire dans le même style, on finit par s’user. Dans ce nouvel album, on ne retrouve pas la pêche qui avait caractérisé Victor Manuelle depuis l’album qui portait son nom, et qui lui apporta la gloire. Certes, quelques morceaux comme Me da lo mismo restent dans un registre tout à fait dansable et au demeurant fort sympathique (oh hasard ! c’est écrit par Omar Alfanno), mais il demeure incontestable que cet album a beaucoup, beaucoup moins d’énergie que les précédents. C’est dommage, car c’est bien ce que j’aimais chez Victor Manuelle : un savant dosage de pêche et de romantisme, des influences Timba mais pas trop, bref, une musique avec du relief. Et cet album, par rapport aux précédents, sonne malheureusement plat à mon oreille.
Inconfundible - Sony, 1999
L’enfant terrible de la Salsa moderna est de retour (on n’avait pourtant pas fini de danser sur son album précédent). Et pour notre plus grand plaisir, ce nouvel album est, comme son nom l’indique, inconfundible. Du pur Victor Manuelle, dans la droite lignée des deux albums précédents, avec la griffe si caractéristique de l’artiste présente dans tous les morceaux, tous ponctués de ces eeeEEEEEE, ses coros flirtant avec la Timba, et bien entendu, le tout fort dansable. Les arrangements percutants de Ramón Sanchez sont également présents, le grand gourou de la Salsa new-yorkaise Sergio George ayant lui-même mis la main à la pâte pour deux morceaux (dont le single “Pero dile” que Victor Manuelle a écrit). A noter également, un morceau composé par Omar Alfanno, Si la ves. Désormais, avec la maturité de 5 albums derrière lui, Victor Manuelle semble aujourd’hui incarner le parfait mélange entre la modernité et la tradition dans ce genre musical. El Sonero de la Juventud mérite plus que jamais son titre… D’aucuns diront que l’artiste se répète, et que cet album sonne comme les deux précédents ; certes, mais pourquoi changer une formule aussi réussie, qu’il a par ailleurs inventée ? C’est cette continuité qui fait sa griffe, sa spécificité, sa différence. Bon, trêve de bavardages. Courez l’acheter.
Ironías - Sony, 1998
Victor Manuelle continue son bonhomme de chemin. Pourquoi faire différent si la formule habituelle marche si bien ? Cet album ressemble donc énormément à tout ce que ce jeune Portoricain a fait précedemment. Toujours beaucoup de pêche, une salsa au son résolument new-yorkais version moderne, des passages flirtant avec la Timba, et des morceaux assez dansants. Le single Se me rompe el alma est, ironiquement, le morceau le plus calme de l’album, sans comparaisons avec le très énergique Mentiras, ou Al igual que yo ou encore Qué habría sido de mí. Pas grand chose à jeter sur ce CD, et l’on retrouve l’agréable (et si rare) impression que la touche “skip” (plage suivante) de votre lecteur de CDs ne sert à rien.
A pesar de todo - Sony, 1997
L’un des meilleurs albums de Victor Manuelle. Son style évolue par rapport à l’album précédent, et flirte ici sans aucune équivoque avec la Timba. La reprise de El Aguila de Manolito Simonet en est un exemple fort sympathique. Sergio George est de nouveau présent et contribue encore une fois à la génèse de ce qui fera la “griffe” Victor Manuelle, au delà de ses sempiternels “ééééEEEEE” : un compromis entre tradition sonera et son moderne, entre rythme et mélodie, entre intros romantiques et coros pêchus. Nous avons là quelques morceaux d’anthologie que nous avons tous dansé mille fois, dont He tratado, No hace falta nada, ou encore Así es la mujer. Un album incontournable.
Victor Manuelle - Sony, 1996
Incontestablement LA meilleure production de Victor Manuelle. Avec le gourou Sergio George aux commandes, cet album tranche avec la Salsa Romántica classique que faisait jusque alors cet artiste, et se lance dans des arrangements agressifs, percutants, qui ne sont pas sans s’inspirer de la Timba, des coros qui accrochent, de vrais soneos, bref, tout un genre inventé dans la tendance new-yorkaise moderne. Le premier morceau Pensamiento y palabra donne le ton. Les deux autres immenses succès de cet album sont Volverás et Como una estrella, et le tout propulsera définitivement Victor Manuelle au rang d’étoile montante de la Salsa portoricaine.
Solo contigo - Sony, 1994
Cet album est, contrairement à ce que l’on croit souvent, non pas le premier mais le deuxième de Victor Manuelle. Cela dit, c’est en effectivement le premier album ayant fait l’objet d’un lancement promotionnel de la part de sa maison de disques. Dans un style Salsa romántica très classique, il contient au moins deux morceaux fort sympathiques : Apiádate de mí et Voy a prometerme, qui connaiteront un succès relatif, principalement aux Etats-Unis. Ceci dit, cela n’a encore rien à voir avec le Victor Manuelle que l’on connait aujourd’hui.



mai 7th, 2008 at 8:46
J’adore ce chanteur c’est un de mes favoris